Le Trading Forex interdit aux particuliers en Europe?

23 August 2016
Nicolas Faucheur

La semaine dernière a vu naître un mouvement potentiellement significatif de la part d’un des régulateurs Européens – l’autorité des marchés belge a interdit la distribution de certains produits OTC aux contreparties de “détail”. Ceci a de grandes chances de ne pas être un acte isolé. l’ESMA, régulation pan-européenne a récemment émis un nouvel avertissement. Les radars des régulations se concentrent actuellement sur le secteur – tout comme aux USA – pointant tous vers la même direction.

Il est probable que la décision prise par la Belgique ne soit que la première au sein d’un mouvement destiné à graduellement interdire le trading OTC d’options binaires, forex and CFDs (Contracts For Difference). Nous avons déjà reçu un grand nombre de requêtes de la part de nos utilisateurs, et utilisateurs potentiels, afin de savoir en quoi et comment cela affectait Darwinex. Ce blog post a pour but de mettre en lumière, pourquoi il était temps que les autorités soient enfin intervenues, et pourquoi cela valide chacun des choix que nous avons fait afin de servir au mieux le mouvement des traders indépendants.

Pourquoi le trading Forex OTC n’est pas la solution …

Un contrat OTC permet à deux contreparties d’échanger aux conditions qu’elles acceptent mutuellement. Cela a l’avantage de pouvoir négocier à peu près “tout”, à partir du moment que les conditions sont acceptées par les deux contreparties. Et cela fonctionne très bien entre des contreparties de même “niveau”, ayant une capitalisation équivalente et un accès similaire à l’information (ex. UBS et GS) – même si l’on pourrait se demander si même les institutions comprennent les implications économiques des clauses qu’ils signent.

Proposer de l’OTC aux clients particuliers (supprimant le “capitalisation équivalente et accès similaire à l’information”) rime souvent avec un certains nombre de soucis. Prenons, par exemple, un broker-dealer à destination des particuliers, faisant la publicité d’un tel pari à des novices:

  1. Pariez sur “le prix de l’EURUSD” tel qu’affiché (comprenez “fixé”) par le broker-dealer
  2. Le broker-dealer et le trader particulier s’accordent à régler la différence entre les prix fixés par le dealer
  3. Le broker-dealer ajoute l’option de multiplier jusqu’à 500 les
    mouvements des sous-jacents – donc la possibilité d’amplifier radicalement les gains (et les pertes!)

Screen Shot 2016-08-23 at 12.50.37Nous savons comment tout cela finit: les particuliers perdent leurs chemises. Note: la faute ne peut être imputée totalement au broker-dealer, il n’impose en aucun cas ce levier de 500:1 utilisé par le trader – l’ignorance et la cupidité s’en chargent. Une fois ceci dit, 2 alertes doivent retentir lorsque nous analysons la configuration citée précédemment:

  1. Le modèle économique du broker-dealer à destination des particuliers, étant principalement basé sur le fait d’encaisser à profit les pertes des clients, compromet ses motivations.
  2. Le broker-dealer à destination des particuliers fixe le prix du sous-jacent – il est à la fois l’arbitre et le parieur.

Nous ne disons pas que tous les brokers-dealers incitent leurs client à faire des choses stupides – mais connaissant la profitabilité de ce système, est-il réaliste de croire qu’ils mettraient en oeuvre quelque action empêchant leurs client de griller leurs comptes?

Nous y voilà!! C’est la raison pour laquelle le cas de l’interdiction belge a de grandes chances de retentir à plus grande échelle. Cela à tout de même pris 10 ans, mais les bonnes nouvelles sont:

  1. Les régulateurs ont finalement agi
  2. Les solutions alternatives existent depuis bien longtemps (et nous l’offrons depuis le départ!)
  3. Nous (Darwinex) cesseront de nous sentir “en marge” pour la simple raison que nous faisons les bonnes choses, face à une concurrence moralement lâche.

… Et pourquoi l’OTC à destination des particuliers est obsolète

Si vous pensez que ce problème est nouveau, repensez-y. Cela arrive à  chaque fois qu’une nouvelle opportunité d’investissement émerge. La solution existe depuis longtemps, créer une place de marché –communément appelé Exchange. Plutôt que négocier de façon bilatérale à des conditions mutuellement définies (OTC), une nouvelle contrepartie centrale (CCP) est créée, négociant un contrat unique standardisé, et agissant comme intermédiaire neutre. Il connecte de façon anonyme tous les participants les uns aux autres. Vous pouvez lire cette page pour en comprendre intégralement les différences. Cela modifie l’aspect du terrain de jeu, rendant structurellement impossible pour l’une ou l’autre des parties d’abuser du marché sans devenir sensible et vulnérable à l’arbitrage.

Il existe une situation dans laquelle le concept de place de marché ne fonctionne pas bien: avec des contrats non-standardisés. Si la masse critique en terme de liquidité nécessaire à faire fonctionner une place de marché n’est pas atteinte, le market-making peut être plus adapté à la situation qu’une contrepartie centrale. C’est la raison pour laquelle les échanges sur le forex ont débuté en OTC: et même s’il ny a pas plus “standard” (PlainVanilla) comme transaction que l’échange de devise sur le spot forex, il y a encore 10-15 ans 1) il n’était pas possible de négocier des micro-lots sur le marché interbancaire, 2) il n’y avait pas autant de participants de “détail” qu’il n’y a sur le marché aujourd’hui.

A l’heure actuelle, les restrictions sont tombées, et vous pouvez négocier des micro-lots avec Goldmann Sachs, à travers un Exchange (place de marché). Betfair a fondé LMAX, le premier Multilateral Trading Facility (MTF) destiné au forex et aux CFDs. Nous sommes avec LMAX depuis le départ parce que a) nous pensons que c’est la meilleure solution b) nous ne voulons pas être pris par surprise le jour où les régulateurs commenceront (enfin) à bouger.

Pourquoi cette interdiction n’affectera pas Darwinex, aujourd’hui ou à l’avenir

Nous avons consciencieusement choisi de:

  1. Aligner nos intérêts sur ceux des traders en
    1. Opérant sur un “modèle agence” transparent. Nous sommes “pure broker”. Nous négocions avec nos clients, et ne gagnons RIEN lorsque nos client perdent.
    2. Offrant une plateforme permettant aux investisseurs de backer légalement les stratégies de traders – supprimant cette tendance qu’ont les traders à la surexposition.
  2. Proposer une technologie unique et des outils
    1. Informant les traders, entre autres, sur le risque (Value at Risk) inhérent à leur(s) stratégie(s)
    2. Protégeant les investisseurs, à travers nos algorithmes de contrôle de risque, lorsque le marché devient intrinsèquement plus dangereux, ou que le trader se surexpose.
  3. Négocier sur un Exchange – en sourçant
    1. Tous les CFDs que nous proposons d’un MTF régulé – les CFDs Darwinex ne sont pas OTC.
    2. Une partie du flux FX que nous proposons d’un MTF régulé – une partie de notre flux FX n’est PAS OTC.

Qui plus est, vous savez peut-être déjà que nous offrirons bientôt à nos traders de pouvoir négocier sur les contrats futures – entre autres, au cas où même les brokers tout à fait “cleans” ne puissent plus éxercer sur le forex.

La seule raison pour laquelle nous ne sourçons pas l’intégralité de notre flux FX depuis l’Exchange LMAX, est qu’ LMAX souffre d’une “sélection adverse”, et probablement plus encore lorsque les interdictions s’étendront au-delà de la Belgique, LMAX ne tolérant pas le “last look” de la part des LPs, et parce qu’il autorise tous les participants (il ne “bloque” pas les traders gagnants, peu importe leurs stratégies), il est donc historiquement moins compétitif sur les spreads bruts – les LPs offrent des spreads plus importants afin de se protéger des gagnants, qui tendent focément à se concentrer sur le LMAX Exchange, une fois qu’ils ont été bannis par leur broker-dealer.

Dit autrement: un casino admettant les joueurs gagnants jouera plus durement sur les probabilités qu’un casino interdisant purement et simplement les joueurs gagnants. Cela, ainsi que la nécessité d’avoir un fournisseur de “secours”, sont les rasions pour lesquelles nous agrégeons partiellement la liquidité provenant d’autres parties sur une base OTC. Si les régulations poussent en Europe (ou à travers le monde) à ne pouvoir négocier qu’à travers un Exchange, nous sommes prêts! Et nous continuerons à servir nos clients – et cette fois ci, sans le handicap “commercial” dont nous souffrons ne profitant pas des pertes de nos clients!

En d’autres termes: soyez assurés qu’une fois que le mouvement initié par les régulateurs sera définitivement en place à l’échelon mondial, à la fois les traders indépendants et Darwinex, bénéficieront plus encore d’une structure conçue autour du concept de profits mutuels.

N’hésitez surtout pas à nous faire connaître les points nécessitant clarification, car ce post va très certainement être une lecture de long-terme et revenir sur la table régulièrement 🙂