Entrevue avec Finbou (DARWIN $THA)

16 July 2017
Nicolas Faucheur

Si vous consultez le DARWIN Leaderboard, vous ne manquerez pas de tomber sur le DARWIN $THA: non seulement il est le DARWIN avec le plus de capitaux d’investisseurs, mais il est le premier à atteindre une cotation supérieure à 400. Pas trop mal!!

Nous avons donc pensé qu’il était temps de rencontrer le trader finbou, afin d’en savoir plus sur la personne derrière les DARWINs $THA et $FEG

 

Dites-nous en un peu plus sur vous. Comment avez-vous commencé et depuis combien de temps négociez-vous sur les marchés?

J’ai 26 ans et j’ai commencé à négocier en 2012 avant d’entrer à l’université. Je viens d’être diplômé en sciences économiques et en droit des affaires, donc essentiellement, j’ai travaillé sur le trading de façon parallèle à mes études. Dès le début, je me suis intéressé particulièrement aux événements et publications de nouvelles économiques, lorsque le marché évolue rapidement. J’ai vite compris la logique sous-jacente, que si les attentes pour certains événements ne sont pas respectées, il y aurait une volatilité et éventuellement des opportunités d’intervention. La même idée sous-jacente est derrière Thales.

Ce n’est qu’en 2015, que j’ai commencé à me concentrer sur les news de manière structurée. Essentiellement lorsque l’historique de Thales a été établi. J’avais déjà fait des recherches sur les news et avais réalisé un profit décent, mais je me suis rendu compte que j’avais beaucoup risqué, et donc que je pourrais améliorer en établissant des plans précis en amont, basés sur de la recherche. J’espérais surtout que cela réduirait le facteur psychologique qui a pu impacter mon trading.

Thales n’est pas exploité par une seule personne. Mon partenaire Gianluca a créé finbou.com en 2014 et nous avons travaillé ensemble depuis le début de 2016. Il a beaucoup d’expérience dans le domaine des technologies de l’information et de l’informatique et me fournit des informations précieuses tant sur la gestion des risques que sur le commerce en général. C’était aussi son idée de participer à Darwinex. Depuis 2016, notre entité suisse détient une licence de gestion pour tiers. En janvier 2017 je suis devenu salarié de la société, et Thales a finalement été lancé aux investisseurs.

 

A propos de votre stratégie de trading: quelles paires négociez-vous en général? Sur quelle(s) unités de temps?

Je négocie principalement avec les devises du G10. Cela dépend des devises les plus influencées par les attentes et les évolutions de la politique monétaire en général. Je veux isoler les devises les plus sensibles aux événements. Par exemple, si la politique est sur pilote automatique (Japon), les événements de politique monétaire ou les communiqués de données ne sont généralement pas trop intéressants. Cela ne veut pas dire que le JPY lui-même n’est pas négociable – c’est même l’une des meilleures devises à négocier lors de communiqués de données américaines, car il est peut être très volatile.

En ce qui concerne les unités de temps, je me concentre uniquement sur 1 min et 5 min pendant l’événement. En règle générale, l’événement est évalué en quelques secondes à une heure. Par conséquent, un affichage 1 min et 5 minutes vous donnent l’information la plus précise sur la perception de cet événement par le marché.

 

En tant que trader, quelle est votre plus grande force d’après vous?

Je pense à la focalisation de mon attention sur des événement précis. La création de plans extrêmement détaillés et la possibilité d’exécuter ces plans à la lettre , est quelque chose que beaucoup d’autres acteurs du marché ne font pas. Je me souviens exactement de ce que la plupart des banques centrales du G10 ont fait au cours des 3 dernières années; Quelle était la communication, et ce que cela a entraîné sur l’évolution des prix. Maintenant, cela pourrait sembler très ennuyeux pour certains, mais je trouve cela fascinant.

L’un des éléments clés de mon commerce est que je prends le marché tel qu’il est. Je ne prétends pas que je sais ce qu’il va se produire avec l’événement. La seule chose que je sais, c’est que si quelque chose de concret se produit, j’ai une idée de la façon dont le marché devrait réagir, sur la base de mes recherches, de mes connaissances sur la façon dont le marché fonctionne, et mon expérience. Si le marché ne réagit pas comme je le suppose… ce n’est qu’un trade.

 

Et votre plus grande faiblesse?

Oh, par où commencer… Je ne parlerais pas des faiblesses, mais plutôt des choses à améliorer – et il y en a beaucoup. C’est l’une des parties fascinantes du trading, vous essayez constamment de vous améliorer – non seulement votre façon d’opérer mais aussi votre psychologie, et certaines leçons sont directement applicables dans la vie réelle. C’est en effet un processus évolutif. Si vous ne parvenez pas à vous améliorer, vous serez probablement éliminé par les conditions de marchés constamment changeantes.

En ce qui concerne mon trading actuel, je travaille spécifiquement sur le type de signaux que je devrais ignorer. Dernièrement, il y a eu certaines publications pendant lesquelles j’ai pu percevoir un signal, mais le marché l’a simplement ignoré. Il serait intéressant de pouvoir déterminer ces cas au préalable.

 

Nos algos témoignent d’un très bon niveau de Performance (Pf) et Aversion au Risque (La) de votre stratégie. Des suggestions pour les traders souhaitant améliorer leurs notes sur ces attribut en particulier?

J’essaie d’isoler les moments où je pense avoir de fortes probabilités d’avoir raison, d’après mes recherches. Si je ne suis pas profitable après une certaine période de temps prédéterminée, ou si le prix ne se comporte pas comme prévu, j’accepte que je me trompe et que je sors.

Si vous y réfléchissez, tous les autres participants du marché obtiennent les mêmes données et sont susceptibles de l’interpréter en – disons 5-10 minutes (en réalité, cela peut prendre encore plus longtemps, surtout avec des versions ambiguës). Tous ces gens sont extrêmement intelligents; Vous supposeriez donc que le marché pourrait corriger une inefficience assez rapidement. Par conséquent, s’il existe effectivement une inefficience et que vous n’êtes pas rentable après une certaine période de temps, c’est un signe que vous vous trompez.

 

Quelle est la plus grande leçon que vous ayez tiré de votre expérience?

Essentiellement, la leçon la plus importante retenue du trading, est que vous devez être brutalement honnête envers vous-même et reconnaître vos faiblesses afin que vous puissiez vous améliorer.

J’avais quelques problèmes majeurs liés à la psychologie, qui sont encore là mais j’ai compris comment y faire face. Par exemple, de nature, je suis une personne extrêmement anxieuse. Et cela bien sûr, ne se marie pas bien du tout avec les marchés (je ne serais un très bon value investor). De plus, même si j’aime me considérer comme une personne extrêmement disciplinée, j’ai également du lutter contre des opérations à trop fort levier, tout simplement par cupidité.

Cependant, étant conscient et admettant honnêtement que j’ai besoin de trouver un moyen de traiter ce problème, j’ai pu m’améliorer et construire une stratégie adaptée qui fonctionne. Thales est purement basée sur l’exécution de plans prédéfinis – donc être anxieux ou gourmand peu importe – tant que je suis en mesure d’exécuter la stratégie comme prévu.

 

Le mot de la fin aux traders qui vous lisent?

Il y a une citation que j’aime beaucoup, provenant du dernier film Wall Street; “Everybody’s got good luck, everybody’s got bad luck. You have to be there for turns. Don’t whine when it hurts, don’t run when you lose. It’s just like in the first grade, nobody likes a cry baby.” (Dans la version FR: “Tout le monde joue de chance, et tout le monde joue de malchance. Quand on perd, on se sauve pas, on chiale pas sous la douleur. C’est comme à la petite école, y’a personne qui aime les petits plaignards”). Ceux qui s’enfoncent dans des périodes difficiles, par exemple drawdown, et ont l’intégrité d’admettre leurs erreurs et, surtout, continuer à faire leurs affaires et à s’améliorer, ceux-là sont susceptibles de durer.